Finger food, le plaisir reprend la main

Publié le par Sondes AMDOUNI OUERTANI

Finger food, le plaisir reprend la main

Le repas est un temps privilégié, en particulier dans la vie de la personne âgée. Elle doit pouvoir y trouver un moment de sérénité et de plaisir.

Tout d’abord, nous allons vous présenter le finger food sous ses différentes facettes, ensuite, nous testerons pour vous des recettes que vous pourrez réaliser au domicile des personnes âgées que vous accompagnez ( avec un avis médical, bien sûr) ou bien en parler à l’équipe qui vous entoure si vous travaillez en structure.

Qu’est-ce que le finger food ?

En fait, finger food veut dire « manger mains »

Pour qui ?

Le finger food s’adresse aux personnes âgées ne pouvant plus utiliser correctement les couverts à cause de tremblements (Parkinson) ou de la désorientation (Alzheimer)

Pourtant, pour les personnes atteintes de certains types de démences de type Alzheimer, ou plus largement de certaines maladies dégénératives comme la maladie de Parkinson, arrive un stade où il n’est plus possible de manger avec les couverts.

A réponse classique est alors qu’un tiers lui donne à manger à la cuillère.
Ceci est souvent très mal vécu par la personne, qui se voit renvoyer l’image d’un nourrisson totalement dépendant de ses parents.
Le risque de dénutrition et de syndrome de glissement est accru chez les personnes âgées qui n’ont plus leur autonomie pour la prise des repas.

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent parfois des troubles praxiques et cognitifs qui les empêchent de reconnaître et d’utiliser correctement leurs couverts, et donc de s’alimenter suffisamment. Il était important pour le bien-être de ces résidents de trouver un mode d’alimentation qui permettent à la fois de lutter contre la dénutrition et de contribuer au maintien de leur autonomie, en les laissant manger seuls. C’est ainsi qu’est né le « finger food » ou manger-main, où les aliments sont proposés sous forme de bouchées. Il s’agit par exemple de permettre à un résident déambulant de picorer une bouchée au gré de ses allers et venues, et de la manger en marchant — une façon de respecter son rythme de vie !

Aussi, de plus en plus de structures développent un nouveau mode d’alimentation, appelé « manger mains » (ou finger food), qui consiste à préparer le repas sous forme d’aliments qui peuvent être facilement consommés avec les doigts.

Les formes peuvent être diversifiées : boulettes, bâtonnets, cubes, flans, galettes, quenelles…
Certains aliments semi-liquides peuvent être additionnés de gommes ou autres épaississants.
Il faut surtout faire attention à la texture pour prendre en compte les problèmes de déglutition de la personne.
Comme pour tout plat, il faut soigner la présentation, mais aussi l’odeur et le goût pour éveiller l’appétit des personnes.

Des expérimentations réalisées par l’Institut Paul Bocuse et le groupe Orpea ont mis en évidence des facteurs de succès :
– les bouchées bicolores attirent davantage
– il ne faut pas mélanger plusieurs consistances au sein d’une même bouchée
– la présence de sauce pour mouiller la bouchée est très appréciée.

Ce type d’alimentation permet ainsi à de nombreuses personnes de retrouver une autonomie dans la prise des repas.
La famille et les amis peuvent partager ce repas, qui ressemblera finalement à un cocktail dînatoire.
Enfin, la technique est particulièrement appropriée aux personnes atteintes d’Alzheimer, qui ont souvent des pratiques de déambulation, et pour qui pouvoir prendre un petit aliment à la main et le manger en marchant permet de limiter là encore les risques de dénutrition.

Pour mettre en place ce type d’alimentation, il faut bien sûr dépasser les préjugés de la personne elle-même et de son entourage, et accepter un travail de préparation plus important et qui garantisse suffisamment de variété dans la durée et des apports nutritionnels adaptés.

Les résultats semblent en valoir la peine.

Finger food, le plaisir reprend la main

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