Partie 3: Approche des soins en médecine, chirurgie, pédiatrie et en réanimation

Publié le par Sondes AMDOUNI OUERTANI

Partie 3: Approche des soins en médecine, chirurgie, pédiatrie et en réanimation

9-L'ESCARRE

Il est important que l'auxiliaire de vie soit sensibilisé aux risques d'escarres et se responsabilise plus particulièrement à leur prévention lors de la prise en charge de patients hospitalisés en moyen ou long séjour.

C'est un travail de collaboration entre l'infirmier, le kinésithérapeute et la diététicienne.

Les protocoles d'escarre varient selon l'hôpital et les services.

OBJECTIFS: Pouvoir :

-Donner la définition d'un escarre.

-Identifier les premiers signes d'alarme.

-Citer quelques facteurs de risques (maigreur, obésité, alimentation).

-Enumérer les différents moyens de prévention ainsi que les produits et matériels utilisés.

-Savoir étudier la feuille de surveillance quotidienne et collaborer avec l'équipe médicale.

-Savoir participer à une grille d'évaluation des risques.

-Observer le comportement verbal et non verbal du patient face à la douleur en utilisant l'échelle colorimétrique et le dossier de soins pour effectuer les transmissions.

QU'EST-CE QU'UN ESCARRE ?

C'est une lésion tissulaire des parties molles qui apparaît à différents points d'appui entre deux plans durs (os - matelas…) et qui peut se transformer en nécrose ischémique. Nécrose Ischémique Mort du tissu / Arrêt de l'irrigation vasculaire d'une région

!!!Un escarre peut survenir en moins de quatre heures!!!

LES CAUSES

-L'alitement prolongé ralentit la circulation sanguine.

-La perte de sensibilité (paralysie, coma…).

-Différents appareillages (plâtre, poids pour traction, broches, sonde nasale).

FACTEURS QUI FAVORISENT L'ESCARRE

-La vieillesse car la personne âgée a une sécheresse de la peau et un déficit cutané (peau très fine).

-L'obésité.

-Le manque d'hygiène corporelle.

-Les problèmes circulatoires.

-Certaines pathologies (diabète, cancer, S.I.D.A., patient en phase terminale).

LOCALISATIONS ET IMPORTANCE DES ESCARRES

-La région sacrée (sacrum et coccyx).

-Le trochanter.

-Les talons.

-Les malléoles, les orteils.

-Les coudes, l'omoplate.

- Les oreilles (lobe), l'occiput.

SIGNAL D'ALARME ET EVOLUTION DES ESCARRES:

Une rougeur est le premier signal d'alarme qui peut laisser envisager un escarre . La rougeur = signalement à effectuer auprès de l'infirmier pour mise en place du protocole visant à prévenir et à lutter contre les escarres.

-Un œdème (gonflement indolore).

. Un phlyctène (décollement de la peau contenant un liquide clair).

. La douleur.

. L'excoriation (le derme est à vif et la peau s'en va).

. La nécrose ou mort des tissus.

Apparition d'une croûte noirâtre dure et d'une odeur très forte (présence du microbe pyocyanique)

La croûte tombe et laisse une brèche qui peut engendrer la gangrène. Il peut y avoir des complications :

--Locales : ostéite (inflammation de l'os).

-- Générales : septicémie.

PRÉVENTION DES ESCARRES :

Il est important d'appliquer toutes les mesures préventives, sans attendre de signal d'alarme, ce qui évitera une hospitalisation plus longue et douloureuse pour le patient et un coût financier plus élevé.

Plusieurs méthodes de prévention :

-Observation de l'état cutané des points d'appui pendant la toilette.

-Bonne position du patient dans son lit et/ou dans son fauteuil.

-Hygiène et séchage rigoureux.

- Toilette et change du malade dès qu'il est souillé.

-Massages systématiques sur tous les points d'appui en utilisant le protocole du service et en stimulant doucement la circulation sanguine locale...(A voir fiche technique "Protocole Prévention d'Escarre").

-Changement de positionnement du patient toutes les 2 heures pour éviter la stase vasculaire.

- Installation d'un matelas anti-escarre / matelas à eau ou à air "alternatif", ou lit fluidisé. Il est important d'entretenir les matelas régulièrement, d'éviter tout pli de drap et de ne pas mettre de double épaisseur, éviter les miettes de pain

-Installation d'un coussin de gel, d'un perroquet, d'arceau

-Alimentation adaptée pour maintenir un état nutritionnel et régime hyper -protidique (si besoin) pour favoriser la cicatrisation des tissus.

- Boisson en quantité.

-Transmissions à l'infirmier et sur la feuille de surveillance du malade avec notes sur l'évolution de l'escarre.

CONCLUSION

Le patient, malgré tous les moyens de prévention mis en place, pourra subir une intervention chirurgicale le plus souvent au niveau du sacrum ou du talon et sera préparé (soins appropriés par rapport à l'infection, rétablissement de l'équilibre nutritionnel) à ce traitement chirurgical. Une greffe pourra être effectuée après prélèvement de peau (généralement à la cuisse). Après l'intervention, le patient sera mis au régime protidique et une attention particulière sera portée sur le pansement et la température.

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10- PROTOCOLE DE PREVENTION D'ESCARRE

Définition

C'est une action pratiquée avec la main sur une partie du corps dans une intention hygiénique ou thérapeutique. Elle doit être effectuée à main nue sur un patient propre ayant une peau saine et confortablement installé, pendant une durée d'environ 5 minutes et doit être indolore ( voir Petit Larousse de la Médecine) .

L'objectif: est d'activer la micro-vascularisation sur les parties du corps de la personne en contact avec un support et susceptible de subir des pressions.

Indications

-Appui prolongé lié à la perte de l'autonomie de la personne âgée.

-Invalidité (hémiplégie, tétraplégie, plâtre…)

-Phase aigue et/ou phase terminale

-Cachexie (amaigrissement extrême), obésité

-Syndrome de glissement.

!!! Contre-indications : elles sont d'ordre médical.

Technique

- Prévenir le patient et l'installer confortablement.

- Masser la peau propre à main nue à l'aide d'un produit CONSEILLE (Prescaryl, Biafine ® ou crème de massage) et NON ALCOOLISE.

- Débuter le massage par une pression glissée et terminer par un effleurage léger. Le massage ne doit pas faire mal et doit durer environ 5 minutes et doit être renouvelé à chaque change ou soin d'hygiène.

Transmissions

Elles doivent être écrites et orales.

-Transmettre les informations pertinentes pour assurer le suivi de l'évolution de l'état cutané.

-Faire préciser par l'infirmier sa prescription pour l'endroit du massage ou du non massage, le produit à utiliser, le rythme des massages.

Evaluation

-Si rougeur persistante= arrêt du massage.

- Absence de rougeur persistante.

-Aucune douleur.

-Le patient éprouve une sensation de bien être, de délassement et de décontraction.

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