Partie 2: Approche des soins en médecine, chirurgie, pédiatrie et en réanimation

Publié le par Sondes AMDOUNI OUERTANI

Partie 2: Approche des soins en médecine, chirurgie, pédiatrie et en réanimation

7 -LES DIFFÉRENTS ALITEMENTS et LES COMPLICATIONS DU DÉCUBITUS

OBJECTIFS / L'élève Auxiliaire de vie sera capable de :

-énumérer les différentes positions du patient en donnant une indication pour chacune d'elle.

-Citer les complications de décubitus et d'expliquer le rôle de l'auxiliaire de vie pour chacune d'elle dans la prévention.

-D'installer confortablement le patient en respectant le protocole et les courbures normales du corps en fonction de l'handicap ou de la pathologie.

-D'évaluer, malgré l'alitement du malade, l'autonomie du patient.

-De satisfaire le besoin de se mouvoir et maintenir une bonne posture.

INTRODUCTION

Jusqu'au milieu du XIXème siècle, le lit ne servait qu'à dormir et n'était pas envisagé comme un traitement. Quand la mort était imminente pour l'homme d'honneur, il fallait mourir debout avec ses bottes.

De nos jours, l'alitement est nécessaire dans certaines situations :

-Le patient a subi une intervention chirurgicale.

-Certaines pathologies obligent l'alitement du patient : paralysie, coma, état de choc, traumatismes importants, altération de l'état général.

-Dans certains services, des protocoles de positionnement sont institués et appliqués afin d'être efficace au niveau de l'immobilisation.

!! C'est un travail d'équipe important qui nécessite l'utilisation de grilles ou/et du dossier de soins.

LES DIFFÉRENTS ALITEMENTS ( lire aussi mes autres articles sur le sujet )

La position de décubitus dorsal est souvent utilisée dans les interventions :

-de la colonne vertébrale,

-pour les ponctions lombaires,

- Accidents Vasculaires Cérébraux (A.V.C.)

-hémorragies cérébrales.

On peut utiliser différents accessoires :

-Oreillers.

-Petit matelas ou/et boudins en mousse.

-Coussin de gel.

- Poches à perfusion.

La position de décubitus latéral est utilisée pour les personnes

-opérées de la hanche,

-les patients comateux,

-les malades avec un escarre au niveau du sacrum

- plus particulièrement au retour du bloc opératoire lorsque le patient a subi une anesthésie générale (en cas de vomissements).

La position assise ou demi-assise est utilisée dans le cas de dyspnée d'origine cardiaque ou pulmonaire.

Le patient installé dans cette position pourra beaucoup mieux respirer.

La position de décubitus ventral est surtout appliquée

-pour les paraplégiques pour reposer -les muscles du dos et prévenir les escarres,

les patients opérés du rectum,

-les brûlés de la région fessière ou dorsale.

La position de déclive favorise, en fonction de la pathologie, l'irrigation des jambes ou du cerveau.

Dans les cas de risque :

-de phlébite,

-d'hémorragie cérébrale

-après une ponction lombaire sans oreiller.

L'installation au fauteuil : il est très important de bien installer le patient dans son fauteuilcar il peut contracter une escarre. Il est déconseillé de placer un coussin sous ses genoux car cette compression au niveau du creux poplité peut entraîner une mauvaise vascularisation et provoquer une stase veineuse (arrêt de la circulation) qui pourrait engendrer une phlébite.

Tous les matériels devront être utilisés selon les protocoles du service.

Afin de prévenir les chutes, il est important de ne pas oublier de mettre les ridelles du lit.

8-LES COMPLICATIONS DE DÉCUBITUS

Les complications pulmonaires : Besoin de respirer

L'alitement entraîne une stase pulmonaire (mucosités qui stagnent dans les poumons). Le patient est encombré, les échanges gazeux sont moins efficaces et les sécrétions sont moins évacuées. Il y aura un risque infectieux et le patient aura du mal à expectorer.

Le rôle de l'auxiliaire de vie :

-Installer le patient en position demi-assise pour faciliter les crachats.

-Mettre à sa disposition un crachoir/haricot et des mouchoirs en papier.

-Surveiller le faciès du patient et la coloration de sa peau.

-Surveiller sa dyspnée, sa toux et sa fréquence respiratoire.

Le patient pourra être mis sous aérosol ou oxygène.

Le patient peut être également "aspiré" en réanimation à l'aide d'une sonde "aspiration trachéale" par le biais d'une canule.

Les complications digestives :Besoins de boire, manger et d'éliminer

L'alitement peut entraîner une constipation car il y a une baisse du péristaltisme intestinal qui peut provoquer des nausées, des vomissements, un fécalome, une occlusion intestinale.

Le rôle de l'auxiliaire de vie :

-Surveiller les selles (aspect, quantité) et plus particulièrement en cas de prise de laxatifs.

-Faire boire le patient (eau, jus de fruit).

-Massages abdominaux.

-Mobiliser si possible le patient.

-Le patient pourra avoir aussi un régime alimentaire.

-Noter et transmettre sur le dossier de soins.

Les complications urinaires : Besoin d'éliminer

L'alitement provoque une stase urinaire dans la vessie, si elle est accompagnée d'un manque d'hydratation, d'une perte liquide (vomissements ou hémorragie), il y a un risque infectieux important.

Le rôle de l'auxiliaire de vie :

-Faire boire.

-Prendre la température si besoin.

-Surveiller si brûlure à la miction.

-Noter la quantité d'urine et son aspect.

-Précautions d'asepsie si le patient a une sonde à demeure.

Les complications circulatoires ou vasculaires (thrombo-emboliques) : Besoins de se mouvoir et d'éviter les dangers :

La circulation vasculaire étant moins efficace car non stimulée par un travail musculaire et cardiaque. Des caillots peuvent se former appelés "Thrombus" bouchant le vaisseau ce qui peut provoquer une phlébite. Une oblitération d'une veine peut aller jusqu'à une embolie pulmonaire et/ou une embolie cérébrale.

Le rôle de l'auxiliaire de vie :

-Favoriser la mobilisation du patient.

-Surveiller le lit du malade.

-Lui mettre si besoin, les bas à varices (et non bandes =IDE) avant le lever du lit.

-Surveiller l'aspect du mollet (rougeur, chaleur, douleur).

Le patient pourra être mis sous anticoagulant.

Les complications locomotrices: Besoin de se mouvoir

Le manque d'exercice entraîne une "fonte musculaire" très importante appelée "Amyotrophie" et apparaît au niveau des membres inférieurs. Le manque de musculation peut entraîner aussi des contractures (raccourcissement des fibres de collagène dans les tissus) ou ankyloses dues à des positions vicieuses.

Le rôle de l'auxiliaire de vie :

-Bonne position du patient dans son lit ou dans son fauteuil, en fonction de sa pathologie.

-Si besoin, utiliser des coussins, boudins.

-Alléger le poids des couvertures avec un arceau.

-Installer un perroquet pour faciliter la mobilité du patient.

-Vérifier toujours la bonne position des pieds, des jambes et des mains (en écharpe, balle dans la main).

-Toujours surveiller si le patient se plaint de douleurs.

Les complications cutanées: Besoin d'être propre et d'être soigné :

L'alitement prolongé favorise les complications cutanées (voir article escarre).

CONCLUSION

L'alitement prolongé entraîne l'apparition de complications de décubitus. On les retrouve chez certains patients et surtout en gériatrie où les personnes âgées ont une mobilité très réduite . Une personne âgée alitée pendant une semaine mettra 3 à 4 mois avant de retrouver son autonomie.

Les complications de décubitus sont favorisées par :

-La perte de sensibilité (paralysie).

-Les troubles psychiatriques (dépression).

-Les troubles mécaniques (fracture, arthrose (dégénérescence de la capsule articulaire), rhumatismes (inflammations de la capsule articulaire), polyarthrites.

-Les maladies organiques (cancer, S.I.D.A., statut pondéral (obésité, maigreur), insuffisance respiratoire et/ou cardiaque).

-Certains traitements (psychotropes, ant-iParkinsonien) provoquent un endormissement. -L'hospitalisme.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article