Auxiliaire de vie sociale ... «Pas femme de ménage»

Publié le par Sondes AMDOUNI OUERTANI

Auxiliaire de vie sociale ... «Pas femme de ménage»

«Je raccroche, y a la femme de ménage qui arrive»… La phrase a le don de mettre Chrystelle en colère : «Ça arrive assez souvent. Ça en dit long sur la considération que les gens portent à notre profession» En marge de la connotation péjorative de la description, c'est la contre-vérité qu'elle véhicule qui irrite Chrystelle et toutes ses collègues logées à la même enseigne. Chrystelle n'est pas femme de ménage, elle est «auxiliaire de vie sociale» (AVS). La différence est de taille. Cette trentenaire mère de trois enfants explique tout d'abord qu'elle est titulaire d'un diplôme d'État d'auxiliaire de vie sociale (DEAVS) obtenu à l'issue d'une formation de 8 mois au lycée François Marty de Monteils (12).

Une vocation…

Ensuite, contrairement à une «femme de ménage», l'AVS assure avoir choisi ce métier : «C'est une vocation, assure Chrystelle qui exerce ce métier depuis 10 ans et depuis cinq en tant qu'AVS diplômée d'État. «J'ai découvert le sens de ce métier aux côtés de mon arrière-grand-mère que j'aidais au quotidien, raconte Chrystelle. Je pense que nous sommes utiles à ces personnes âgées parfois délaissées par leurs familles».

Le quotidien de l'AVS recoupe effectivement des tâches ménagères : repassage, poussière, repas… les courses qu'elle fait pour ses client(e)s. Mais il y a le reste, tout le reste. Des tâches qui engagent les compétences de l'AVS : «Nous sommes aux côtés des personnes âgées dans tous leurs actes de la vie quotidienne ; On les aide à la toilette, on les fait manger. On fait aussi de la stimulation cognitive par la lecture ou des jeux qui stimulent la mémoire défaillante»… Chrystelle se déplace toujours avec sa petite mallette dans laquelle elle puise des photos ou des documents qui permettront à la personne âgée, parfois atteinte de la maladie d'Alzheimer, de faire travailler ses neurones.

«Vous êtes mon rayon de soleil»

«Nous sommes parfois leur seule compagnie de la journée. Certaines nous disent vous êtes mon rayon de soleil»… Cette reconnaissance permet à AVS d'aller de l'avant, de croire en ce qu'elle fait et d'effacer les confusions faciles avec la femme de ménage. Quand la personne âgée malade arrive au bout du chemin, l'AVS est là pour lui tenir la main même si dans ce cas, le personnel soignant constitue aussi l'environnement du malade.

AVS ? Un métier difficile confronté aux affres de la vieillesse et de la maladie. Un métier qui va beaucoup plus loin qu'un simple coup de torchon sur une toile cirée quand il s'agit d'apporter à la personne âgée dépendante, l'attention et la considération qui allègent la souffrance.

Que fait l'AVS ?

L'auxiliaire de vie sociale (AVS) aide les personnes malades, handicapées ou fragilisées dépendantes à accomplir les actes de la vie ordinaire. Elle est présente pour faciliter le lever, le coucher, la toilette, les soins d'hygiène (à l'exclusion des soins infirmiers). L'AVS assure la préparation et la prise des repas, les travaux ménagers. Elle prend en charge les démarches administratives, les sorties, les courses, etc. . L'auxiliaire de vie peut travailler tôt dans la journée (6 h 30) ou tard (22 h), ainsi que les week-ends et les jours fériés. Les AVS sont en majorité employé(e)s par des associations . On compte une cinquantaine de ces structures dans le département.La plupart des AVS exercent à temps partiel et sont des femmes. Les diplôme d'Etat d'auxiliaire de vie sociale (DEAVS) est le premier niveau de qualification des métiers de l'aide à domicile. Le salaire tourne autour du Smic .

Une profession en quête de reconnaissance

Le département compte plusieurs centaines d'auxiliaires de vie sociale (AVS) dont une faible proportion cependant est titulaire du DEAVS. Ces professionnelles se disent amères face au peu de considération qu'on leur accorde, amères face au «salaire de misère». «Nous sommes payés entre 8 et 9 euros de l'heure. Moi je gagne environ 1 000 euros par mois. Je dois soustraire environ 250 € d'essence. On me rembourse 35 centimes du kilomètre», explique Chrystelle, salariée en CDI d'une association tarn-et-garonnaise… Pour ces professionnelles, le «retour sur investissement» n'est pas évident, «pourtant c'est aussi grâce à nous que de nombreuses personnes peuvent être maintenues à domicile. En fait, nous faisons plusieurs métiers en un : nous sommes bricoleuses, cuisinières, des fois psy, infirmières, lingères…»

Alors la corporation des AVS a le blues et réfléchit à ce qui pourrait l'aider à gravir les échelons de la considération et de la rémunération. «On râle car nous sommes sous évaluées. Nous avons envie de faire bouger les choses». Chrystelle (1) invite donc ses collègues partageant son constat à prendre contact avec elle «pour qu'on se parle, qu'on échange et qu'on fasse avancer les choses».

----------------------------------------------------------------------

source: http://www.ladepeche.fr/article/2015/09/11/2174509-auxilliaire-de-vie-sociale-pas-femme-de-menage.html

Commenter cet article

aspiration centralisée 02/12/2016 12:12

Faire ce métier doit être bien plus valoriser. J'ai été agent d'entretien et même en faisant du très bon boulot, vous êtes mal perçu et reconnu et surtout mal rémunérer. Il faut penser que c'est un travail ingrat et pénible mais qui est nécessaire. Alors Mr, respecter plus les agents qui travaillent pour rendre vos locaux agréable et propre !!!!!!!!!!!!!!!!!

L.m. 15/09/2016 18:00

Je trouve votre article vraiment devalorisant envers les femmes de menages qui font un boulot tres dure physiquement et psychologiquelent... elles font bien plus que de passer un coup de torchon!!! C'est bien de mettre en valeur le metier d'auxiliaire de vie mais pas en sous-estimant les autres!

Marie Versuselle 04/04/2016 12:17

Bravo pour votre article et bravo à Chrystelle. Je suis un senior employeur particulier qui a été assigné aux Prudhomme par son aide ménagère. Nous témoignons dans un livre qui va paraitre ce mois-ci : "l'aide ménagère" . Malgré son sous titre très dissuasif, ce témoignage se veut positif, nous ré-affirmons que l’immense majorité des aides à domicile ont les grandes qualités humaines requises.

lerigoleur 01/02/2016 22:30

Madame Monsieur je m’appelle Jonathanlerigoleur ‘jai 24 ans je suis handicapés sur fauteuil depuis ma naissance
je n’aime pas les foyers de vi
À chaque fois jeudi toujours que aimerais partir de ce foyer
de manière c’est comme ça tout le temps
je me suis dit, oui supmer le foyer va me plaire... Afficher la suite