Les troubles du comportement lors des soins de toilettes et les gestes bientraitants

Publié le par Sondes AMDOUNI OUERTANI

Les troubles du comportement lors des soins de toilettes et les gestes bientraitants

Il faut considérer que les troubles comportementaux dits perturateurs c'est a dire comme l'agitation verbale ou physique, l'agressivité, les cris ,les fugues et les conduites oppositionnelles sont fréquentes et rendent d’autant plus difficile la prise en charge qu’ils sont perçus négativement.

La maladie d’Alzheimer ne provoque pas en soi d’agressivité sauf si l’on demande ou impose au patient des choses qu’il n’a pas envie de faire. N’ayant pas conscience de l’étendue de ses troubles et souffrant de pertes de mémoire,il peut s’opposer et ne pas se laisser faire.

Ces comportements bien que trés perturbants pour les accompagnants familiaux ou professionnels doivent etre vus comme positifs car témoins d'une activité cérébrale et peuvent être considérés comme l’expression« en actes » plutôt qu’en paroles d’une souffrance multifactorielle dont vous devez trouver les origines pour la soulager.

Ils sont une tentative d'interagir avec leur environnement. Ces comportements doivent etre

Lorsqu'un patient atteint d'une démence d'Alzheimer arrive au stade dit modéré à sévère de la maladie, il peut exprimer un comportement agressif. Dans un premier temps, cette agressivité se manifeste souvent de manière verbale. Il va par exemple hausser le ton, il peut aussi hurler des propos pas toujours clairs, se montrer insultant ou revenir avec insistance sur de vieilles histoires imaginaires ou oubliées de tous... L'animosité peut alors éventuellement, mais pas nécessairement, dégénérer en violence physique.Cependant le simple fait de taper sur la table ne doit pas automatiquement être interprété comme une violence physique. Il peut s'agir simplement d'un moyen utilisé par le patient Alzheimer pour attirer l'attention de son interlocuteur.

Or gérer les troubles du comportements perturbateurs est un pari sur le SENS

La recherche du sens suppose une démarche méthodique, une analyse instantanée , pas à pas , patiente et individuelle à chaque personne.


LES QUESTIONS A SE POSER :

1. Quel est ce trouble ?

2. Depuis quand est-il apparu ?

3. De quel façon est-il apparu (soudainement, progressivement) ?

4. Dans quelles circonstances (lieu, personnes présentes, …)

5. A quel moment ? Est-il prévisible ?

6. Quel est son intensité ?

Ne pas essayer de la retenir ou de l'immobiliser

Souvent, ces accès sont de courte durée, et ellepeut redevenir aimable quelques instants après car elle oublie l’incident

Si elle devient violente, ne pas hésiter à disparaître du champ visuel :

· La laisser seule quelques instants

· Lui-donner de l’espace,

· Ne pas essayer pas de la contenir

Contacter le médecin pour mettre en place un traitement si les situations se répètent

explications:


l'environnement tant humain que matériel peut déterminer l'apparition ou renforcer un trouble du comportement perturbateur Plus le niveau cognitif se dégrade et plus la personne est dépendante et donc plus perméable à son environnement et à ses changements.
Les lésions dégénératives engendrent une disparition du contrôle volontaire avec une impossibilité pour la personne malade de controler son activité de façon intentionnelle , il en est trés dépendant.
Tout changement d'organisation, tout personnel nouveau, toute situation de contrainte ou de conflit interpersonnel , de stress même anodin peut engendrer un ressenti de vulnérabilité qui se traduira par une manifestation . Celle ci sera une tentative désespérée d'influer sur la situation qu'il ne contrôle ni ne comprend plus.
il y a une perméabilité à l'état émotionnel et de la tension à l'entourage, il le perçoit dans nos voix, nos mimiques, nos gestes et il y répond par de l'agitation.

De nombreux troubles apparaissent de façon transitoire quand l'on demande à la personne, de faire quelque chose qu'il ne veut pas faire ou ne sait plus faire ou à l'inverse quand on l’empêche de faire quelque chose.


les perturbations comportementales sont responsables d'une grande part des souffrances des personnes démentes mais aussi des aidants familiaux ou professionnels qui en prennent soin. Une étude a mis en évidence que 65% des troubles du comportements perturbateurs observés apparaissent dans les soins personnels dispensés ou en réaction à ce qui leur est demandé.

Avec l'avancée de la maladie, la personne malade n'a plus conscience des troubles qu'elle présente , de leur gravité et du retentissement qu'ils peuvent avoir sur lui même et l'entourage

la régulation des épisodes de troubles comportementaux par des soins relationnels et une bonne analyse de ce qu'ils sont déterminera le pronostic évolutif.
Car ces troubles épuisent l'entourage et contribuent à l'insu de la personne malade à instaurer une mauvaise qualité de prise en charge, voir de la maltraitance des aidants et de l'hostilité des autres résidents lorsque la personne est en institution.

Ils sont souvent la cause première des hospitalisations et des institutionnalisations précipitées.

quelques préconisations peuvent vous aider au quotidien et retrouver un climat plus propice à des soins de qualité et au bien être des deux protagonistes.

"les troubles psycho-comportementaux lorsqu’ils surviennent questionnent tous ceux qui tentent d’aider."

Ils tendent à exprimer quelque chose, à exprimer la lutte de la personne pour concilier son existence diminuée et son environnement

  • A exprimer sentiments et besoin
  • A perpétuer les habitudes antérieures

Toutes les formes de comportements doivent être comprises comme des tentatives désespérées de nous interpeller, de communiquer ce qu’elle ressent.

Intervenir en fonction du sens que vous avez réussi à trouver au comportement et non au comportement lui-même.Toutefois notre incapacité à décoder les messages non-verbaux nous empêche de reconnaitre le contenu émotif de ces troubles révélateurs .

Privilégier DOUCEUR, PATIENCE,RESPECT ET SOUPLE

l'humanitude :

C’est un concept anthropologique nous faisant voir les racines de notre condition humaine et ce qui en fait l’essence.

Ce terme recouvre l’ensemble des caractéristiques , les cadeaux de l’évolution gagnés par l’être humain au cours de l’évolution depuis que nous avons conscience d’ ETRE et source d’enrichissement sans limite les uns pour les autres.

Albert Jacquard, généticien mort Le 11 septembre 2013 reprend ce terme sur le modèle de la « négritude » en 1987 dans un livre intitulé « 5 milliards d’hommes dans un vaisseau ».

« L’ensemble des caractéristiques dont nous sommes si fiers, c'est-à-dire marcher, sur nos deux jambes, parler, transformer le monde et nous interroger sur notre venir. C’est aussi un trésor de compréhension,d’émotions et d’exigences éthiques pour soi et pour les autres.. Il évoque cela comme le point de départ d’une réorganisation du monde où l’homme est quelqu’un capable de rencontrer l’autre en étant efficace. »

c’est l’ensemble des particularités qui permet à l’homme de reconnaitre son espèce, l’humanité étant de reconnaitre un autre homme comme faisant partie de la même espèce.


et c'est ces caractéristiques qui font de nous des etres humains qu'il faut tenter de conserver dans le soin le plus longtemps possible dans la prise en soin de la personne démente et ce jusqu'à la fin.

1 - la verticalité dans les soins c’est :

· Favoriser le fonctionnement physiologique et psychologique

· favoriser Le fonctionnement cardiaque et circulatoire

· Stimule l’appétit

· Favorise la digestion,

· L’élimination urinaire et fécale

· Le métabolisme osseux

· Le bon état de la peau

· La perception de son schéma corporel

· Le tonus musculaire et psychologique

· Augmente et stimule la ventilation pulmonaire

Mais nous avons longtemps ignoré que la position verticale était avant tout nécessaire par ce qu’elle est ce qui fait la constitution de l’homme

une personne âgée alitée perd 40% de sa capacité musculaire après 3 semaines et devient ainsi en peu de temps grabataire.

2- le toucher

Il permet la prise de conscience d’une présence ,

le contact de la main se fait langage et parle souvent beaucoup mieux que les paroles.

Le toucher :- rassure ; soutient-encourage ; manifeste notre empathie.

La peau est l’organe sensoriel le plus étendu du corps. C’est le premier moyen de communication avec lemonde extérieur ( froid chaud, douleur/douceur ; etc …et elle demeure tout au long de notre vie ,l’un des canaux d’interaction avec les autres.

Le contact est essentiel au développement humain

A la conservation de l’estime de soi

Au bien-etre

La chaleur de la main soignante peut apporter en plus, soulagement , sentiment de sécurité , et réconfort

3-le regard attentionné,

Le pouvoir du regard des autres , dés les premiers moments de la vie, le contact visuel est communication. C’est dans l’œil des autres que nous percevons ce que nous sommes et ce que nous valons. Je vous renvoie à ce que nous évoquions lors de la représentation sociale de la vieillesse, et les ravages que peuvent engendrer sur les personnes âgées , les préjugés sociétales et publicitaires.

Quand on pense que c’est le regard partagé qui développe notre image, notre identité et notre personnalité …

Regarder la personne dont nous prenons soin peut nous sembler aller de soi, mais tout dépend de ce que cela communique, car le regard peut transmettre l’attention de l’autre ou l’indifférence, révélateurde notre acceptation et de notre ouverture à sa souffrance.

Mais Il peut aussi se faire tout autant froid et réprobateur, tuer l’estime de soi, la confiance en soi, et de ceux qui nous entoure.

Tour à tour structurant ou destructeur

le regard répond à 3 critères, il est axial,horizontal, et surtout il dure dans le temps, il est long.

4- la parole

  • Elle doit annoncer et expliquer chaque geste ;

La parole permet les échanges, favorise nos ententes et nos conflits

La parole est vitale pour la personne malade

Une personne isolée , laissée à elle-même peut glisser très rapidement dans une sorte de déshumanisation, de désorganisation mentale et confusionnelle.

En parlant à ne personne quelque soit son état cognitif ou fonctionnel nous lui démontrons qu’il est suffisamment important pour que nous lui adressions la parole et que nous l’écoutions.

Ne dit on pas le silence est le plus grand des mépris !

Si l’Homme ne peut pas vivre sans communication dés sa naissance , il ne peut pas vivre sans elle lorsque la maladie l’affaiblit.

Or nous nous sommes aperçu que tout ce qui construit l’etre humain depuis son plus jeune age était refusé à la personne âgée.

Si le silence est naturel devant une personne démente ou qui ne communique plus du tout ,la parole, elle, est professionnelle. Elle s'apprend, elle se travaille, elle s'entraîne. Il a été observé en institution et je pense qu'à domicile se soit sensiblement la même chose que seules 120 secondes de mots étaient échangés avec la personne non communiquante.

Aussi je vous conseillerai une technique qui a fait ses preuves et multiplie par presque dix fois le nombres de secondes de paroles qui seront destinées à la personne dont vous prenez soin.

Il en va du "parler le soin" , c'est à dire vous tenterez de décrire tout ce que vous allez faire et faites à la personne lors des soins que vous prodiguerez et cela peut s'etendre à de nombreuses activités du quotidien.

Ce bain de parole rassurera la personne , il la préviendra de ce que vous allez entreprendre, ou de ce que vous faites,

Cela paraît simple, mais cela nécessite un véritable entraînement.

Aborder le thème de la bientraitance c’est avant tout une façon de réfléchir sur nos pratiques professionnelles et même familiales puisque dans un premier temps l'aide apportée est dans le cercle familial à domicile , pour identifier celles qui concourent à ce que nos aînés ne soient pas considérés uniquement comme objets de soins mais comme des êtres humains qui doivent être traités avec humanité et vivre debout jusqu’au bout dans la dignité.

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